« On avait fait pas mal de travaux physiques dans la maison, elle avait de plus en plus mal au dos, nous n’y prêtions pas trop attention, pensant qu’il y avait une relation avec son ancien accident de voiture, ses hernies discales et tous les travaux de rénovation de la maison ».
Fin 2022, en se levant un matin, Danielle se bloque le dos, n’arrivant plus à marcher. « On a un peu paniqué parce que les douleurs qu’elle ressentait étaient différentes de celles causées par ses hernies ».
Danielle ira à l’hôpital en urgence à deux reprises, mais sera renvoyée chez elle à chaque fois par des médecins lui diagnostiquant des coliques néphrétiques ou des calculs rénaux. La voyant souffrir terriblement, Claude contacte son médecin de famille, qui envoie Danielle consulter un rhumatologue. À la lecture des scanners, il diagnostique un myélome.
Claude apprend la nouvelle par son médecin, alors que Danielle est encore à l’hôpital. « Je n’ai pas vraiment réagi, le myélome, ça ne me disait absolument rien. J’ai cherché des informations sur internet, j’ai découvert que c’était extrêmement grave et qu’il y avait six mois d’espérance de vie. Mes jambes me lâchent à ce moment-là. J’étais seul à la maison, avec un tas de questionnements absolument terribles ». Puis, Claude cherche d’autres informations avant d’appeler sa femme. « Notre discussion a été longue, rassurante, chacun essayant de protéger l’autre. Après plus de 40 ans de mariage, on se connaît assez pour sentir que chacun sait. Mais maintenant qu’un nom a été mis sur le problème, on sait contre quoi on va se battre ».
Claude accompagne Danielle à toutes les visites à l’Oncopole. « Nous n’y avions jamais mis les pieds, nous le connaissions juste pour sa réputation de soigner les cancers. On s’est dit, ça y est maintenant, on est plongé là-dedans ». Danielle a subi une chimiothérapie pendant près d’un an. Claude devait assumer toutes les tâches, Danielle étant très « diminuée ».
Puis vint le temps de l’autogreffe. Claude me confie que « ce fut un moment très difficile, j’avais plus d’une heure de route pour aller la voir. On entre dans un autre monde, il faut se changer, on se retrouve comme dans un scaphandre ». Les douleurs, la morphine qui assomme Danielle, Claude éprouve des difficultés à garder son enthousiasme. Mais il a toujours tenu à la faire participer à la vie de la maison : « Elle me donnait des conseils pour les conserves de légumes, que je devais faire à sa place ».
Le retour à la maison s’avère compliqué, le système immunitaire de Danielle est très faible, diarrhées, vomissements, elle n’arrive plus à manger et perd beaucoup de poids. Pour l’aider à reprendre des forces, il lui fallait ce médicament miracle : leur médecin traitant a alors parcouru la longue distance jusqu’à l’Oncopole pour récupérer le traitement en urgence. « Psychologiquement, ce fut extrêmement difficile. On fait le tampon, on fait le lien avec la famille, les enfants, il faut les rassurer, leur montrer qu’on est fort. Je n’avais personne avec qui partager mes sentiments, mes inquiétudes ».
À présent, Danielle retourne à l’Oncopole seulement pour ses examens et bilans tous les trois mois. « Quand on voit une amélioration, l’espoir, l’envie de continuer à se battre reprend le dessus et on finit par gagner ».

