Fatiguée, énervée, stressée, à cause de son travail, une amie lui suggère un jour de venir assister à un cours de yoga. Elle se décide alors à participer à un week-end consacré au yoga mais se dit lors du premier cours « je suis tellement raide, ce n’est pas pour moi. Je n’arrivais pas à faire l’exercice où il faut poser les deux pieds et les deux mains en même temps sur le sol ». C’est après avoir participé à un stage de yoga pendant l’été qu’elle s’inscrit finalement à l’école de yoga.
« J’étais celle, ça je m’en souviens, qui servait de modèle pour montrer tout ce qu’il ne fallait pas faire ! ». À force de persévérance, elle obtient son diplôme et commence à donner des cours, d’abord une fois par semaine, puis quatre fois par semaine, avec une trentaine d’élèves. Annie n’a jamais révélé qu’elle était atteinte du myélome, ni à ses élèves, ni aux autres professeurs, elle continuera les cours malgré la maladie et les traitements. Pendant le Covid, et en traitement, elle arrête le yoga. Sollicitée par des malades de l’AF3M et parce que le yoga lui manque, elle décide de dispenser des cours de yoga aux malades du myélome à partir de septembre 2021. « C’est une forme de yoga assez douce, pas acrobatique. L’objectif est d’intérioriser, c’est-à-dire de retrouver, de ressentir son corps, pour finalement être maître de son corps, tout en étant relâché. J’essaie d’apprendre aux élèves à vivre avec leur corps, l’accepter, accepter ses limites, ne pas en faire plus qu’il ne peut ».
J’assiste à la fin du cours de yoga le 30 juin dernier, je découvre des malades apaisés, souriants et je perçois une belle cohésion de groupe. Très enthousiastes, ils acceptent volontiers de témoigner.
Anna-Maria, malade depuis 2014, est en rechute depuis le début de l’année. Elle découvre à l’hôpital Necker l’affiche promouvant les cours de yoga. Elle participe aux cours d’Annie depuis cinq ans. « Je suis vraiment enchantée, les cours me font beaucoup de bien, cela me détend. J’attends le prochain cours avec impatience. L’ambiance est agréable, cela me permet d’échanger avec d’autres malades ».
Sarany, 72 ans, malade depuis 2020. Elle participe aux cours de yoga depuis un an. « Avant, je faisais beaucoup de gymnastique, maintenant je ne peux plus. Le yoga m’a beaucoup aidée. Je dors habituellement très mal, mais après le cours, je dors très bien. Cela me permet également d’avoir des contacts. Annie est douce, elle s’adapte à nos capacités physiques, à notre degré de fatigue. Je conseille à tout le monde de venir faire du yoga, ça détend, c’est bon pour le moral ».
Guillaume, malade depuis 2011, en traitement. Il vient d’effectuer sa 3ème séance de yoga. Il a pris connaissance des cours de yoga grâce à une information affichée à la Pitié-Salpêtrière. « Le yoga m’apporte de la sérénité par la méditation, je suis tellement détendu qu’il m’arrive de m’endormir et de ronfler ! J’éprouve une fatigue, mais elle est positive. Ne serait-ce que pour la sympathie du groupe, je m’inscrirai de nouveau aux cours. Annie est une personne admirable ».
Anne, 58 ans, malade depuis 2019, en rémission. C’est par le MOOC Myélonet qu’elle a découvert les cours de yoga. Aujourd’hui, c’était sa 8ème séance. « Les cours ont changé ma vie. Je me sens plus calme, sereine, je suis plus à l’écoute de mon corps, je dors mieux. Je ne suis plus complexée avec mon corps. Je suis moins stressée si je sais que je vais être en retard au cours, je ne cours pas. Annie m’a donné une bonne énergie, elle est à notre écoute. Comme elle est malade également, elle nous comprend, elle donne des cours à la portée de tout le monde. Les malades du groupe sont courtois, c’est convivial, on est tous en osmose ».
Marc, 62 ans, malade depuis 2015, en traitement depuis 2024. Il a découvert le yoga grâce à l’AF3M. Voilà deux ans qu’il participe aux cours d’Annie. « Avec le yoga, j’ai appris à mieux respirer, et ainsi à faire des exercices de respiration sur mon lit d’hôpital et à trouver un autre rapport avec mon corps. Les douleurs, les traitements sont des micro-agressions sur le corps, le yoga est réparateur. Le rythme hebdomadaire des cours me convient bien. Annie a beaucoup d’expérience avec les malades, elle prend beaucoup de précautions avec nous dans les exercices qu’elle propose. Il y a aussi un effet de groupe, il y a un rythme lent et une ouverture d’esprit qui me vont bien ».
Marcel, 67 ans, malade depuis 2013, en rémission. C’est à l’occasion de la JNM qu’il a pris connaissance des cours de yoga. Il participe aux cours depuis leur création. « Le yoga me fait du bien, j’ai appris à respirer, à me mobiliser, à masser mon dos. Je connais mieux mon corps, je fais ce que mon corps me demande de faire. Parfois, je suis tellement relaxé pendant le cours que je m’endors ! Faire partie du groupe m’aide beaucoup, on s’entraide, on est soudés, on a créé une vraie fraternité ».
Gérard, 64 ans, malade depuis 2017, en rémission. Bénévole à l’AF3M, il découvre les cours d’Annie par l’association. Voilà six ans qu’il participe aux cours. « J’avais des douleurs dans le dos et aux jambes et des neuropathies dans les pieds. Annie m’a appris des exercices pendant les cours que je reproduis à la maison. Ils soulagent mes douleurs. Les cours permettent de développer une belle harmonie entre le corps et l’esprit, ils m’apaisent. Annie nous fait travailler sur des gestes doux, souples, elle diffuse beaucoup de sérénité. De temps en temps, nous allons manger ensemble, il y a de beaux moments de convivialité et de partage ».

