Vie associative AF3M

Bulletin 55 -

L’AF3M étend son engagement à l’Europe pour faire entendre la voix des malades du myélome

L’Europe simplifie l’accès aux nouveaux traitements contre le cancer avec une évaluation unique et centralisée. Pour faire entendre la voix des malades, l’AF3M doit désormais agir non seulement en France, mais aussi au niveau européen, avec l’association Myeloma Patients Europe (MPE). Ensemble, elles renforcent leur influence pour accélérer l’accès aux innovations et améliorer la prise en charge.

Pourquoi l’Europe est-elle importante pour les malades du myélome ?

En janvier 2025, une réforme très importante pour les malades a été mise en place en Europe. Avant cette réforme, chaque pays effectuait ses propres évaluations des médicaments, ce qui prenait du temps et pouvait aboutir à des décisions différentes d’un pays à l’autre. L’évaluation « clinique », c’est-à-dire l’analyse des bénéfices et des risques du médicament pour les malades, est désormais centralisée. Une seule évaluation est réalisée pour toute l’Europe. Cela évite aux laboratoires pharmaceutiques de devoir présenter les mêmes dossiers dans chaque pays et accélère l’accès aux traitements innovants pour tous. Pour les malades européens, c’est un vrai progrès. Mais chaque pays garde la main sur deux points essentiels : le prix du médicament et son taux de remboursement. Cela signifie que, même si un traitement est reconnu efficace en Europe, chaque État décide à quel prix il l’achète et à quel taux il sera remboursé par son système de santé, l’équivalent de notre sécurité sociale. Cela dépend de ses moyens et de ses priorités. Cette nouvelle organisation européenne de l’accès aux nouveaux médicaments est particulièrement importante pour les malades du myélome. En effet, de nombreux traitements innovants comme les immunothérapies sont développés pour améliorer sa prise en charge.

L’une des missions de l’AF3M est de représenter les malades auprès des autorités de santé. Il nous faut donc maintenant défendre les intérêts des malades et faire entendre leur voix non seulement au niveau national mais aussi au niveau européen. L’AF3M est très active en France auprès de la Haute Autorité de Santé, mais comment l’AF3M peut-elle agir au niveau européen ?

Au niveau européen, c’est l’association Myeloma Patients Europe (« Europe Malades du Myélome » en anglais), ou « MPE », qui peut représenter les malades du myélome auprès des autorités de santé européennes. Elle est composée de membres des associations de malades du myélome de 33 pays européens. L’AF3M en est membre depuis plus de 10 ans et depuis cette année nous avons renforcé notre coopération pour mieux agir dans le cadre de la nouvelle réglementation européenne.

 

Quel est le rôle de l’association européenne “Myeloma Patient Europe” ?

C’est MPE qui est habilitée à représenter les malades du myélome auprès des autorités de santé européennes. On peut estimer qu’il y a environ 150 000 malades en Europe avec 50 000 nouveaux diagnostics chaque année. Cela représente donc une très importante communauté. MPE nous a récemment contactés pour trouver des malades qui accepteraient de participer au nouveau processus européen. Ils pourront faire entendre leur voix, faire part de leur expérience de malades avec les traitements actuels. Ils pourront aussi faire connaître leurs attentes vis‑à‑vis des nouveaux traitements évalués, par exemple moins d’effets secondaires ou un mode d’administration plus confortable. Nous avons plusieurs malades qui ont accepté de participer et nous allons donc pouvoir déjà acquérir de l’expérience sur la nouvelle réglementation.

MPE a aussi développé des outils pour ses associations membres et les malades européens. Son site permet de s’informer sur les différents essais cliniques réalisés en Europe, dans un langage accessible à tous. MPE a aussi mis en place des groupes de travail spécifiques comme un groupe de jeunes malades européens et nous avons déjà organisé un échange avec l’équipe de l’AF3M qui anime notre groupe de parole des jeunes malades. Enfin, nous nous rencontrons avec les autres associations européennes à l’occasion des réunions trimestrielles en ligne et une fois par an pendant un séminaire intensif de deux jours. Cette année, il a eu lieu à Varsovie. J’y ai représenté l’AF3M et j’ai pu y présenter notre programme de soutien téléphonique HémaVie®. Des conférences et des ateliers nous ont permis de partager nos bonnes pratiques entre associations, par exemple sur la collecte de données de malades afin d’appuyer nos arguments auprès des autorités de santé.

 

Quelles actions prévoyez-vous avec MPE en 2026 ?

Nous allons continuer ensemble à acquérir de l’expérience sur la nouvelle réglementation avec les premiers dossiers de nouveaux médicaments pour le myélome. Nous souhaitons aussi continuer à travailler avec MPE pour que les informations mises à notre disposition soient plus conviviales pour les malades français. L’AF3M, forte de 18 ans d’expérience et de 3 000 membres, va pouvoir jouer un plus grand rôle au sein de MPE, tant dans les relations avec les autorités de santé européennes que pour le partage de bonnes pratiques entre associations. Ensemble, nous aurons plus de poids pour défendre les intérêts des malades. L’AF3M est donc en route pour faire entendre la voix des malades en Europe.

 

 

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