Myélome et travail

Bulletin 58 -

Une partie des malades est encore en activité professionnelle lors de l’annonce du myélome

Entretien avec le Dr Marc FADEL, médecin du travail au CHU d’Angers.

Comment peut- on appréhender un arrêt brutal du travail ?

La maladie et l’arrêt brutal du travail constituent souvent un choc, mêlant des sentiments de culpabilité et d’inquiétude, notamment liés à l’idée de laisser tomber ses collègues. Ces réactions sont normales, j’essaie de rassurer les patients. Par ailleurs, la chronicité du myélome peut freiner la reprise. Des études montrent que maintenir un lien pendant l’arrêt favorise le retour à l’emploi. Des dispositifs existent pour favoriser la reprise. La visite de pré-reprise , réalisée durant l’arrêt de travail, permet d’étudier les différentes possibilités d’aménagements de poste, de flexibilité de temps de travail avec le médecin du travail. Il existe aussi le rendez-vous de liaison , à l’initiative du salarié, qui permet de discuter avec l’employeur des conditions d’un retour à l’emploi durable.

 

Quelles sont les différentes possibilités de retour au travail ?


Le temps partiel thérapeutique est le dispositif le plus fréquemment mis en place pour reprendre progressivement le travail, tout en poursuivant les soins et en retrouvant une santé compatible avec un retour durable. Il est prescrit par le médecin spécialiste ou traitant, puis soumis à l’accord du médecin conseil de la Sécurité sociale et de l’employeur pour le régime général (il existe des procédures équivalentes dans les autres régimes). C’est un dispositif qui, par définition, est à court terme, globalement, il peut s’étendre de 6 mois à un an maximum. Les aménagements de poste — adaptation des tâches, des horaires ou du rythme — peuvent être discutés avec le manager et soutenus par le médecin du travail. La flexibilité est l’un des piliers d’un retour à l’emploi durable. Ces aménagements favorisent une reprise progressive et le maintien du lien social. Le malade peut aussi demander une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) , auprès de la MDPH. Il peut aussi être accompagné par Cap Emploi pour favoriser son maintien ou sa réinsertion professionnelle.

 

Quels sont les autres dispositifs à la disposition des malades en cas d’impossibilité de retour au travail ?


Dans certains cas, il est préférable que le malade ne retourne pas au travail, notamment si cela peut être délétère pour sa santé. Dans d’autres cas il ne retrouve pas ses capacités totales de travail. Pour ces situations, il existe des dispositifs d’invalidité. La sécurité sociale reconnaît que le malade a perdu une majeure partie de ses capacités de travail et accorde un soutien financier. Ce dispositif peut être compatible avec un temps de travail partiel. Ce n’est donc pas forcément un échec de ne pas reprendre son activité professionnelle.

 

En quoi consiste le SIRIC de Nantes-Angers ?


Les SIRIC, labellisés par l’INCA, développent des programmes de recherche pluridisciplinaires et transversaux en cancérologie. Le programme SICAJOB s’intéresse au parcours de vie des patients atteints de cancer, notamment de myélome multiple, en étudiant l’impact des disparités sociales et territoriales, ainsi que le maintien durable dans l’emploi. Face à la complexité des dispositifs et à leur disparité, les équipes du programme SICAJOB ont développé des guides et outils pour mieux informer les patients, les orienter vers les bons interlocuteurs et renforcer le lien entre l’hôpital et le monde du travail, afin de favoriser une reprise durable et une meilleure qualité de vie.

 

 

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