Le myélome multiple est une maladie des plasmocytes, des cellules normalement présentes dans la moelle osseuse. Au fil du temps, ces cellules peuvent accumuler différentes modifications génétiques qui participent au développement de la maladie. Ces modifications, appelées anomalies cytogénétiques, correspondent à des altérations du matériel génétique des cellules du myélome.
Au moment du diagnostic, le prélèvement de moelle osseuse permet non seulement de confirmer la présence du myélome, mais aussi d’étudier les anomalies cytogénétiques présentes dans les cellules tumorales. Ces informations aident les médecins à mieux caractériser la maladie et à en apprécier le potentiel évolutif. En effet, toutes les formes de myélome ne se comportent pas de la même manière. Certaines évoluent lentement pendant de nombreuses années, tandis que d’autres sont plus agressives et nécessitent une prise en charge plus intensive. L’analyse cytogénétique contribue ainsi à adapter le suivi et, dans certains cas, à orienter les choix thérapeutiques afin de mieux anticiper l’évolution de la maladie (cf. encadré).
Comment ces anomalies sont-elles recherchées ?
Aujourd’hui, les biologistes médicaux disposent de techniques de plus en plus performantes pour analyser les caractéristiques génétiques du myélome. Parmi elles figure le séquençage de nouvelle génération, ou NGS (Next Generation Sequencing).
Cette méthode consiste à « lire » l’information génétique contenue dans les cellules du myélome afin d’y repérer d’éventuelles anomalies. À partir d’un seul prélèvement, le NGS permet d’analyser simultanément un grand nombre de modifications génétiques. Alors que les techniques plus anciennes nécessitaient souvent plusieurs examens distincts, il offre une vision plus globale des caractéristiques de la maladie.
En complément des techniques cytogénétiques classiques, le NGS contribue à une évaluation plus précise du risque et aide les médecins à mieux adapter leurs décisions thérapeutiques. Son utilisation continue de se développer dans le myélome multiple et pourrait occuper une place croissante dans les années à venir, notamment avec l’élargissement attendu de son accès et de sa prise en charge par l’Assurance Maladie.
Pourquoi cet examen peut-il rester utile après le diagnostic ?
Le profil génétique du myélome n’est pas figé. Si certaines anomalies sont présentes dès les premiers stades de la maladie et restent relativement stables au fil du temps, d’autres peuvent apparaître au cours de son évolution, notamment lors des rechutes. Pour cette raison, les médecins peuvent être amenés à renouveler ces analyses au cours du suivi, en particulier lors d’une rechute, afin de disposer d’informations actualisées et d’adapter au mieux la stratégie thérapeutique. Le prélèvement réalisé au moment du diagnostic peut également avoir une autre utilité. Dans certains cas, il est conservé comme référence pour le suivi de la maladie résiduelle minimale (MRD). Il permet alors de rechercher avec une très grande précision d’éventuelles cellules de myélome encore présentes après le traitement, même lorsqu’elles sont extrêmement peu nombreuses.
Ce qu’il faut retenir
• L’analyse cytogénétique permet de mieux connaître les caractéristiques de votre myélome multiple à partir d’un prélèvement de moelle osseuse.
• Elle aide les médecins à évaluer le niveau de risque associé à la maladie.
• Certaines anomalies cytogénétiques peuvent orienter vers des traitements spécifiques.
• Ces anomalies concernent les cellules du myélome et ne sont pas héréditaires.
• Le séquençage de nouvelle génération (NGS) permet d’analyser simultanément de nombreuses anomalies génétiques à partir d’un seul prélèvement.
• Le profil génétique du myélome peut évoluer au cours du temps, ce qui explique que ces analyses puissent être répétées lors d’une rechute.
• Le prélèvement réalisé au diagnostic peut également être conservé comme référence pour le suivi de la maladie résiduelle minimale (MRD).
En conclusion
L’analyse des anomalies cytogénétiques est devenue un examen essentiel dans le myélome multiple. Réalisée dès le diagnostic, elle aide votre équipe médicale à mieux comprendre votre maladie, à en évaluer le niveau de risque et à adapter votre prise en charge. Les progrès des traitements et des outils de suivi renforcent encore aujourd’hui l’importance de ces analyses tout au long de votre parcours de soins.
Les principales anomalies cytogénétiques recherchées au diagnostic
La translocation t(11;14)
Présente chez environ 20 % des patients, elle correspond à un échange de matériel génétique entre 2 chromosomes. Elle peut orienter vers certaines options thérapeutiques lors des rechutes.
Les anomalies du gène TP53
Le gène TP53 peut être altéré par la perte d'une partie du chromosome 17 (délétion 17p), par une mutation du gène lui-même, ou parfois par l'association de ces deux anomalies. Cette dernière situation est généralement associée à une forme de myélome plus agressive.
Autres translocations et anomalies du chromosome 1
Il s'agit notamment de certaines translocations impliquant le chromosome 14 (t(4;14), t(14;16), t(14;20)), de la perte d'une partie du chromosome 1 (délétion 1p32) ou encore d'un excès de matériel génétique sur le chromosome 1 (gain 1q). Lorsqu'elles sont associées entre elles ou à d'autres anomalies génétiques, elles peuvent être le signe d'une maladie à risque plus élevé.
Ce n'est pas une anomalie isolée qui est prise en compte, mais l'ensemble du profil génétique de la maladie. L'association de plusieurs anomalies permet ainsi d'identifier les myélomes dits « à haut risque » et d'adapter la prise en charge en conséquence.
Il est important de rappeler que ces anomalies concernent uniquement les cellules du myélome, et ne sont donc pas héréditaires.

