Vie associative AF3M

Bulletin 57 -

Margaret Macro, une vie au service de l’Hématologie

C’est à la fin du mois d’avril 2026 que Margaret Macro, hématologue au CHU de Caen, a dit au revoir à ses patients au cours d’ultimes consultations, après plus de quarante années consacrées à la médecine.

Après sa thèse, soutenue à la faculté de médecine de Caen en 1987, elle est intéressée par l’immunopathologie et s’engage dans d’autres découvertes avec un DEA de culture cellulaires à la faculté d’Orsay et un DIU d’immunopathologie à la faculté de Montpellier. Elle intègre le service rhumatologie du CHU de Caen après l’internat. C’est d’ailleurs là qu’elle rencontre pour la première fois la pathologie du myélome. Face à l’absence de perspective de poste elle se ré-oriente vers l’hématologie ce qui lui demande l’acquisition de nouvelles connaissances mais ce n’est pas fait pour la décourager.

Lorsqu’elle pose un regard historique sur sa carrière, Margaret mesure les évolutions de la prise en charge médicamenteuse, encore balbutiante à son arrivée dans le service d’hématologie du CHU de Caen en 1995. L’autogreffe existe depuis 1985, malgré ses effets tératogènes le thalidomide est utilisé à petite dose, le lénalidomide moins toxique, est utilisé en rechute puis en première ligne en association avec la dexaméthasone (RD) avec de meilleures réponses.

Les années 2010 correspondent à l’apparition des traitements associant plusieurs molécules. Les “triplettes” Velcade, Melphalan et Dexaméthasone (VMD) chez les patients non éligibles à un traitement intensif, ou Velcade, Thalidomide et Dexaméthasone (VTD), ou Velcade, revlimid et Dexaméthasone (VRD) avant le traitement intensif, offrent de nouvelles perspectives malgré leurs effets secondaires neuropathiques. L’année 2015, voit l’arrivée de l’anticorps anti-CD38 Daratumumab. Les anticorps bispécifiques et les Car T Cells apparaissent à partir de 2021, bouleversant le pronostic des patients en rechute après tous les traitements antérieurs.

Dès son arrivée en Hématologie, Margaret prend part aux travaux du groupe coopérateur myélome autogreffe (MAG) qui rejoindra l’Intergroupe francophone du myélome (IFM) en 2006, ce qui lui a permis d’être toujours au courant des avancées thérapeutiques et d’en faire bénéficier ses patients.

Grâce à toutes ces thérapies médicamenteuses elle a vu évoluer la durée statistique d’espérance de survie des patients de trois à cinq ans à plus de quinze ans en trente ans. L’analyse de la maladie résiduelle négative pendant cinq années en l’absence de traitement, a fait apparaître la notion de guérison opérationnelle, même si une rechute est toujours possible. Si ces avancées étaient initialement réservées aux patients les plus jeunes, elles tendent désormais à bénéficier à la majorité des patients.

La praticienne hospitalière ajoute également une évolution dans la prise en charge thérapeutique qui a consisté à singulariser les traitements en fonction des spécificités des patients, à les adapter à la fragilité de chacun et au profil plus ou moins agressif de la maladie.

Face à tous ces progrès, Margaret estime qu’elle a eu de la chance dans sa carrière d’hématologue ; celle d’avoir pu exercer une médecine en recherche et en mouvement constant et celle d’avoir pu faire bénéficier ses patients de toutes ces avancées prometteuses.

Dès 2006, elle a oeuvré pour faciliter l’implantation de l’AF3M à Caen et l’organisation des Journées nationales du Myélome.

Elle attache une grande importance aux services offerts par l’AF3M. HéMaVie, Myélonet, Bulletins, JNM… sont autant d’occasions d’expliquer la maladie aux patients et de développer sa prise en charge globale tout en prenant en compte la place importante des aidants.

Entrée au Comité scientifique de l’association, elle se félicite du partenariat durable engagé avec l’IFM et s’affirme convaincue qu’il fait grandir et mûrir le rapport de confiance entre l’hématologue et son patient.

À la veille de se consacrer pleinement à sa famille, elle espère que la nouvelle génération d’hématologues aura autant de passion et de plaisir qu’elle a eu aux côtés des malades du myélome.

Margaret, les malades du myélome du quatrième étage, vous remercient pour votre engagement constant et éclairé auprès d’eux.

 

À Caen, Marie-Claire Quinchez a animé son dernier groupe de paroles

C’est lors de la dernière réunion du groupe de paroles de Caen en juin de l’année dernière, que Marie-Claire a souhaité dire au revoir à ses membres. Après une quinzaine d’années de bénévolat au sein de l’association, elle estimait avoir rempli la promesse qu’elle avait faite à son mari atteint du myélome.

Membre du Conseil d’administration, première bénévole faisant office de délégué régional Normandie Ouest, à une époque où la fonction était à inventer, Marie-Claire a été à l’initiative de la formule des groupes de parole, à l’AF3M. Nommée référente sur le sujet, elle a contribué au développement de cette forme d’échanges en formant des bénévoles d’autres régions AF3M.

Tous les membres du groupe de parole, qui continuent à se réunir au CHU de Caen, lui sont reconnaissants et n’hésitent pas à prendre amicalement de ses nouvelles.

 

 

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